Plus de trois semaines après le lancement du projet, le processus de vérification des documents de bord et de l’état technique des véhicules est en phase de déploiement sur les axes routiers principaux de Kinshasa. Si les autorités provinciales justifient cette opération par la nécessité d’améliorer la sécurité et de fluidifier le trafic, les conducteurs et les usagers dénoncent une accentuation des embouteillages et des abus de terrain.
Dans le cadre de la stratégie de sécurité routière de la ville, les équipes de contrôle interpellent systématiquement les véhicules circulant sur les grandes avenues de la capitale. Cela concerne notamment le Boulevard du 30 juin, l’avenue Lumumba ou encore l’avenue de la Libération (ex-24 Novembre).
Sécurité routière et lutte contre les faux documents
Le ministère provincial des Transports s’est fixé un objectif clair : assainir le secteur. L’opération a pour objectif :
Dans le cadre de nos activités, nous nous concentrons sur l’identification et la rétention des véhicules dépourvus de documents authentiques, tels que les permis de conduire, les assurances et les cartes grises. Notre stratégie vise également à lutter contre la circulation de faux documents, un phénomène qui s’est largement démocratisé. En outre, nous nous efforçons de réduire les embouteillages causés par le non-respect du code de la route par certains transporteurs, contribuant ainsi à une meilleure fluidité du trafic et à une réduction des coûts pour les entreprises et les particuliers.
Du côté de l’Association des chauffeurs du Congo (ACCO), on admet la nécessité de rétablir l’ordre, tout en plaidant pour que ces contrôles ne se transforment pas en opportunité de rançonnage.
Les conditions de voyage des passagers et l’état des infrastructures routières
Sur le terrain, le ressenti des usagers est plus nuancé. De nombreux passagers se plaignent des retards importants causés par ces barrages de contrôle, surtout aux heures de pointe.
« Les contrôles sont nécessaires, mais ils constituent un obstacle à la fluidité de la circulation. Les usagers sont confrontés à des retards récurrents dans leurs déplacements domicile-travail et sont contraints de faire face à une augmentation des tarifs des courses de taxi dès l’apparition des contrôleurs.
Par ailleurs, les conducteurs interpellent les autorités sur ce qu’ils qualifient de paradoxe : ils estiment que la pression exercée sur les documents de bord devrait s’accompagner d’un effort similaire pour la réhabilitation des infrastructures. Dans le cadre de nos activités, nous avons identifié des segments de voies dans la capitale qui présentent un état de délabrement avancé. Cette situation entraîne une détérioration prématurée des véhicules, malgré le respect des contrôles techniques rigoureux mis en place.
Un bilan positif, selon les autorités
En dépit des critiques, le ministère provincial des Transports fait un bilan positif des trois premières semaines. Les autorités ont annoncé leur intention de maintenir une pression constante sur les conducteurs jusqu’à ce que le civisme routier soit rétabli. Elles ont également affirmé que des mécanismes de surveillance rigoureux sont en place pour sanctionner les agents qui se rendraient coupables de tracasseries.


