La société civile de Musienene, située dans le territoire de Lubero, attire l’attention sur les tracasseries subies par les populations déplacées dans la partie Est de Musienene, chef-lieu de la chefferie de Baswagha, dans la province du Nord-Kivu. Ces actes ont été perpétrés par des miliciens wazalendo présents dans la zone concernée.
Dans le contexte de déplacement forcé, une partie de la population est soumise à une taxe considérée comme illégale, en contrepartie de l’exercice d’activités liées à la fabrication de braise. Dans une déclaration à ACTUALITÉ.CD, Kambale Maboko Fanuel, président de la société civile de Musienene, a fait état de pratiques illicites perpétrées à l’encontre des habitants de plusieurs localités du territoire de Lubero. Selon ses dires, ces habitants se voient facturer à chaque charbonnière par des individus armés, identifiés par les victimes comme étant des miliciens wazalendo. Ces derniers opéreraient dans la région de Vikindwe, Vulimira, Kirirya, Mutiri et leurs environs.
Selon les témoignages recueillis, la taxe exigée varierait entre 5 000 francs congolais, soit l’équivalent de 5,27 dollars américains, et 10 dollars américains par production.
La société civile met en exergue que ces pratiques ont un impact significatif sur la vie communautaire dans une zone qui accueille un nombre conséquent de personnes déplacées et appelle les autorités compétentes à mettre fin à ces agissements.
« Musienne est le lieu de résidence de plusieurs personnes déplacées. Ces individus sont dépourvus de tout bien matériel et de ressources financières. Dans leur quête de subsistance, ils s’adonnent à des activités telles que la fabrication de braise, témoignant ainsi de leur adaptation aux conditions rurales et de leur participation à l’économie locale. Ainsi, la question se pose de savoir si les taxes exigées par les hommes armés lors de la recherche de braise constituent un obstacle à la pratique de cette activité. Cette situation a des répercussions sur les familles d’accueil, car les personnes déplacées ne sont pas les seules concernées par ces taxes. Cette situation nous amène à interpeler les instances politiques et administratives afin de déterminer leur capacité à mobiliser les forces armées pour mettre fin aux actes de violence perpétrés à l’encontre de la population.
La société civile de Musienene souligne que ces pratiques sont également imposées aux scieurs et aux commerçants de bois, qui sont assujettis à des formes de taxation similaires de la part de ces miliciens.
Le 31 janvier dernier, des personnes déplacées originaires de Mwenye, Kiregha, Mausa et d’autres villages du secteur de Bapere et de la chefferie de Baswagha avaient lancé un ultimatum de 48 heures aux miliciens wazalendo présents dans leurs zones de provenance pour qu’ils quittent les lieux. Cette résolution a été adoptée à l’issue d’une réunion qui s’est tenue au terrain ESCO, situé dans la ville de Butembo.
Une analyse des témoignages recueillis lors de l’assemblée générale de la société civile de Mwenye et de la Nouvelle société civile congolaise (NSCC) de Butembo permet de conclure que les actions des miliciens wazalendo sont considérées comme l’un des facteurs déterminants de leur déplacement. La synthèse des discussions a été présentée par Maître Mirembe Syavughangise, représentant de la Nouvelle société civile du Congo, s’exprimant au nom du président de la société civile de Mwenye.
Les habitants concernés avaient exprimé leur souhait de voir rétablir une vie paisible, avec un contrôle exclusif du secteur par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Dans cette zone, des miliciens affiliés au groupe wazalendo sont régulièrement accusés de diverses exactions contre les populations civiles, notamment des pillages, des tracasseries, des violences sexuelles, des arrestations arbitraires, la perception illégale de taxes et l’érection de barrières non autorisées. D’après plusieurs sources concordantes, ces faits sont devenus récurrents dans les zones cheffaliques de Baswagha et de Musienene.


